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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 08:27

Quand j’ai terminé Yorg de l’ile ( ce roman n’a rien à voir avec une marque de produits laitier au fait , je dis cela à cause du titre qui fera sourire plus d’un vilain prétentieux ) , il me fallait absolument  et immédiatement la suite ( ce cycle est une de mes lectures actuelles , de maintenant , maintenant je veux dire   ) , dans le même temps ,  pendant la lecture ,  je trouvais que le roman plafonnait à moyen ++ , mais d’où vient ce paradoxe enfin !  , me dis-je ?

 

D’abord il faut reconnaître que au fil des pages le texte monte en puissance et c’est tout le cycle qui s’amorce et qui monte en puissance lui aussi  et le roman capitalise alors nettement tout ce qui s’annonce  ...

 

Le style est bien ficelé , l’univers est plaisant et crédible et la caractérisation est bonne sans pour autant atteindre des sommets même si elle est soignée ( assez épurée en fait )  .

Cependant , beaucoup de personnages sont très touchants et de ce fait attachants et le lecteurs est à même de construire des images solides autour de ces gens qui finalement s’avèrent être très nombreux , mais  le cadre du roman , les lieux de vie notamment , sont systématiquement d’une présence remarquable et les environnements en général  aussi , ( naturel et autres ) sont superbes et il faut bien reconnaître que les mots génèrent ici , de puissantes visualisations évocatrices ( même si ce n’est pas du Zola )  .

La relative brièveté de ce texte est peut-être la cause d’une certaine frustration qui pousse le lecteur à minorer la qualité de la texture du texte ...

En fait je me disais : un peu plus de trois étoiles mais  constatant l’irrépressible envie de poursuivre la lecture de ce cycle , je me rend à l’évidence et j’arrête donc  de couper les cheveux en quatre : donc quatre étoiles  .

 

Le pitch : Dans une situation de crise internationale tendue  , la tension monte et déborde ,  des gens , qui n’ont pas vraiment le profil type et cliché , du survivaliste ( mode : bulldog borné )  , se donnent les moyens de survivre à ce qui sera une apocalypse nucléaire et bactériologique de type virale qui finira par se produire  et engloutir le passé en marquant l’avenir   .

Evidement la civilisation est balayée et les survivants devront se terrer dans leur abri pendant de nombreuses générations .

C’est à ce moment que l’auteur propose un cycle ambitieux et qu’il s’appuie sur un procédé narratif tout à fait bluffant et susceptible de mobiliser le lecteur sur une histoire de renaissance des sociétés humaines qui s’étale sur près de cinq siècles  ( rien que ça et pour l’instant , sioux plait ! ) .

Les peuples  sont nombreux finalement , sous le ciel comme sous la terre , et tout ce contexte  est assez palpable , le tout  en un nombre restreint de pages quand même ! ( cf. les exigences de la défunte collection anticipation : brièveté et action ) .

 

Ce cadre éditorial restrictif et initial  est un réel problème et l’auteur s’est bien affranchi de ces contraintes , grâce à une structure narrative intelligente et dynamique dont le lecteur approuve instinctivement  la pertinence ( ce que je suis prétentieux des fois ! )  , tout en constatant souvent qu’elle n’est pas si facile à mettre en œuvre .

En fait il y a plusieurs arcs narratifs qui alternent dans ce récit , selon un rythme pas forcement chronologique et avec des chapitres plus ou moins longs . Au fil du récit l’auteur introduit des arcs narratifs nouveaux , et ce , quasiment jusque la fin de ce premier tome tout  en agrémentant certains intervalles de prologues soignés de portée générale et plus ou moins brefs ( assez brefs en général )  .

 

Je crois qu’il faut rester évasif sur les éléments de l’histoire en elle-même car ce cycle repose sur une suite de constantes découvertes plus que sur un suspens de chaque page .

Ces découvertes et trouvailles que découvre le lecteurs sont cohérentes et crédibles alors que le «  sens of Wonder «  est totalement sous control  , et cela épargnera à ce lecteur quelques-unes de ces fameuses catastrophes naturelles , qui sont , il faut bien l’avouer , un des risques majeurs auquel le lecteur de science-fiction  lambda est fréquemment exposé pendant ses expéditions de science-fiction . Ici  , dans cet univers post apocalyptique très rationnel et crédible ,  la menace planait aussi , mais elle n’est pas au rendez-vous ( ouf ! ) .

 

Le charme de ce récit ,  vient de ce que l’auteur propose une ballade dans une histoire du futur aux accents préhistoriques par moments , qui est  profondément cohérente avec un univers  post apocalyptique de type : guerre nucléaire et menace virale durable , alors que le lecteur semble promis à parcourir de grands espaces sur une longue trame temporelle .

 

C’est pas du Yourcenar , certes ! mais c’est un excellent moment de distraction très dépaysant et vraiment touchant par moments . L’auteur démontre à chaque page que les gens sont beaucoup plus que la somme de leurs actes , qu’ils soient bons ou mauvais . En effet ces personnages changent quelquefois d’avis et de comportements selon un mode calculateur et opportuniste , qui les rends assez coquins et sympathiques finalement  , souvent en tous cas ,  et ce même quand ils sont de gros méchants avec tous les défauts qui rappelons-le quand même ici , sont certainement la chose la mieux partagée par nous tous  . Non ?

 

Ce refus de juger qu’affiche constamment l’auteur  et cette tendance qu’il a  de suggérer qu’en matière de motivations et de comportements les choses sont rarement simples et manichéennes , est réellement le point nodal de la construction de ces personnages ...

 

La frustration  dont je parlais plus haut vient finalement des contraintes découlant du faible nombre de caractères exigé par cette chère collection aussi défunte que chère aux amateurs de science-fiction ...

 

PS : Ce cycle bénéficie de rééditions régulières depuis sa parution initiale et ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard  , me dis-je en en enfonçant une porte ouverte  !

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Published by Finity's end hellburner science-fiction
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