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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 10:42

Le Dieu Baleine est la suite de Humanité et Demie de T. J. Bass .

Un scientifique créateur de dystopies envoutantes, assez « merveilleuses « et horribles aussi , à leurs façons !
Des dystopies , sises dans un lointain futur avec une humanité aussi lointaine dans le futur , que divergente avec nos critères moraux , du point de vue des valeurs et des fonctionnements institutionnels .

Un texte de hard science ( biologie – sciences du vivant ) , « soft « , aussi et sans l’ombre d’un doute .

Dans un futur sympathique , Larry a un accident de voiture et il sera placé en hibernation pour se réveiller ultimement dans la société des Neffiches , véritablement et littéralement une fourmilière humaine , qui est infiniment moins sympa que sa société d’origine . Il s’enfuira par nécessité de ce monde où il n’a pas sa place et où on veut le détruire pour exploiter vraisemblablement les calories qu’il représente , la seule chose qu’il ait à offrir finalement .
Une fois dehors il découvrira un autre univers sur la marge des fourmilières . Apres avoir erré dans leurs dangereux jardins et dans leurs dangereux champs agricoles ..

Ce personnage est extérieur à cet univers comme le lecteur , il nous fait découvrir ce monde révulsant et défiguré .
Que dire ? :
l’auteur a souhaité tendre au maximum les tensions qui pourraient naitre dans une société , du fait du rapport entre un monde en pénurie chronique de ressources naturelles et autres , car en surexploitation absolue des ressources des milieux ambiants , alors même que cette société serait forcée de s’adapter à cette pénurie structurelle , au prix d’une dénaturation de l’espèce humaine et d’une dénaturation des espèces animales et végétales , des écosystèmes en fait et plus simplement .

Cette pénurie structurelle et cette avidité non moins structurelle , a façonné cette société qui repose sur une gestion scientifique d’un grand nombre de paramètres sociaux et biologiques .
C’est un univers high-tech globalement pour ce qui est de ses arcanes , mais les habitants de cet univers font des travaux qui sont sous qualifiés et on peut parler sans retenue de régression culturelle globale de l’ensemble de l’espèce humaine .

Certaines machines ont accédées a une forme de conscience et elles rendent service aux humains qui survivent à l’extérieur sur les plateaux continentaux des océans à faible profondeur . Elles ont leur propre agenda , et à ce sujet pensez au titre . Elles ont aussi un certain humour ...

Comme le roman précédent nous avons ici un univers à la saveur incomparable et à l’identité très forte .
Cette description intime des fourmilières est une sorte « d’exempla « , dont le sens pénètre le lecteur à mesure qu’il prend conscience des bases qui conditionnent le fonctionnement de cette société alors même qu’il devient le témoin sidéré de ce fonctionnement .

La caractérisation est excellente , il y a une profusion de détails , et , l’intrigue se déroule sur un mode assez surprenant pour le lecteur qui ne sait pas trop où il va.
Ce qui a le plus de sel , c’est que nos valeurs , nos principes , ne sont pas réellement directement interrogés dans ce roman , car , très vite cet univers tellement autre brise le cadre de référence du lecteur .
Par exemple , dans les mots clefs je mettrais ; guerre , mais en fait , c’est forcément inepte , car ce concept n’est pas signifiant dans cet univers .
Le bien le mal , le juste , l’injuste , il faudra fournir aux habitants de ce monde le mode d’emploi de ces notions , car c’est certain , ils s’en font une idée assez déroutante pour un habitant de notre univers .

On peut lire ce second roman indépendamment du précédent .
Un texte pour les amateurs de ce véritable langage que sont les univers dystopiques .
C’est dans ce type de littérature et très anciennement d’ailleurs , que sont nées les littératures de l’imaginaire en général et la science-fiction en particulier.

Enfin , et pour rasséréner le lecteur , je lui dirais qu’il ne passera pas tout son temps dans les corridors du monde souterrain et infernal , il voguera aussi sur l’océan sous le ciel bleu en bonne compagnie – sourires -

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Published by Finity's end hellburner science-fiction
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