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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 12:26

Deux ans après l’explosion de la lune ....

 

Ce tome des chroniques glaciaires est un tome tout à fait particulier dans l’univers de la compagnie des glaces .

En effet ce récit se tient deux ans après l’explosion de la lune et on est de ce fait  en plein dans l’évènement fondateur de cet univers , la grande panique , alors que le monde gèle et que tout est balayé vers le sud ,  transformé en moraines par les glaciers qui descendent du pôle pendant  que c’est la même chose dans l’hémisphère sud où , les glaces remontent vers l’équateur  .

 

C’est le seul récit de toutes les différentes branches de ce cycle qui soit intégralement consacré à cet évènement spectaculaire et dramatique  . Un évènement  qui est  cependant évoqué avec constance et  très fréquemment dans le cycle de manière plus ou moins allusives et selon des approches narratives variées .

Ce petit roman fonctionne d’ailleurs parfaitement comme un stand alone et il peut se lire comme un petit roman d’action post apocalyptique autonome au regard du reste du cycle  .

 

Un journaliste australien est bloqué en Europe et il pense grâce à un véhicule à hydrogène pouvoir rejoindre l’Australie en se lançant sur l’inlandsis  eurasiatique ( en cours de formation )  pour rejoindre  la banquise pacifique qui est  très vraisemblablement en train de se mettre en place  .

La trame narrative démarre grosso modo en bourgogne et nous baladera jusque le Spitzberg , pas loin du pôle nord  donc et au-delà du cercle polaire en tous cas  ...

 

Ce roman est conforme aux standard du genre post-apocalyptique , la société se délite , la loi du plus fort s’impose , le pugilat autour des ressources encore disponibles  se met en place , et , surtout un nouveau monde émerge , un monde cerné par un froid inhumain , des moraines , des  congères et d’autres phénomènes qui relèvent de la glaciologie et de la météorologie  ...

Les hommes se regroupent ( pas tous ) , des microsociétés émergent sur des bases opportunistes ou bien idéologiques . Ces communautés ne sont généralement  pas très confortables  à vivre où bien à fréquenter , sauf celles qui reposent sur des bases traditionnelles comme les groupements de lapons ou d’Inuits .

 

Trois personnages qui se sont rencontrés au bord du chemin , décident de remonter vers une base spatiale située au nord ou l’évacuation partielle  de la planète serait en cours, selon des informations qui relèvent peut-être de la rumeur où de vains espoirs  . Réalité ou chimère , cet objectif  sera une option qui se dégagera progressivement de l’expérience de ces gens  et qui les mobilisera finalement . Cette quête  fonctionnera un peu comme un révélateur , dans la mesure où ces gens deviendront progressivement autre dans ce monde sauvage ,  alors qu’ils seront sur la route (de manière cohérente avec le thème du long voyage existentiel en littérature générale ) . ..

 

Ce qui fait le charme de ce texte ,  c’est moins les péripéties du voyage ( qui sont bien vues , souvent spectaculaires  et bien agencées )  et le caractère dramatique de l’univers  que leurs effets sur la structuration intime des personnages qui se restructurent différemment  en s’adaptant sous la contrainte  à ce monde infernal . Ils passent par des moments de crises qui sont autant d’étapes de leur évolution personnelle  , au grès des évènements , de leurs effets  comme de leurs implications d’ordre affectif  ....

C’est cet aspect des choses qui est le thème principal de ce petit roman et il faut en avoir conscience dès le début je pense , parce que sinon on pourrait avoir quelques difficultés à cerner où l’auteur veut  vraiment en venir !

 

La route est mouvementée , le milieux glaciaire  est correctement  différencié , assez variable selon les régions ( pour  des raisons parfaitement  logiques ) . Ce milieux  impacte de façons constructives  les personnages de ce petit roman bien ficelé. Pour son plus grand plaisir , le lecteur  est imprégné par cet environnement planétaire spectaculairement modifié et dont il suit les transformations sur des aires géographiques étendues , car les personnages sont constamment et péniblement sur la route .

 

La fin est  poignante et  tragique .  Elle sonne comme un assaut de désespérance mais la vie continue ...

Bref : un bon moment , perdu dans les congères et dans un blizzard apocalyptique .

Par ailleurs un bon texte de littérature populaire , tout à fait  le meilleur dont ce genre est capable .

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Published by Finity's end hellburner science-fiction
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