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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 13:06

   DISPO : CHEZ LE BELIAL' EN EDITION VIRTUELLE ....

 

Archeur de Thierry Di Rollo  projette son lecteur dans un univers tristement envoutant et la fin du roman est aussi odieuse que édifiante et tragique  !

 

C’est le premier texte de Thierry Di Rollo que j’ai eu le plaisir de lire et de relire .

Pourquoi suis-je envouté par cette prose ? Elle est de qualité mais ce n’est le seul auteur de SF francophone à nous donner des textes de qualité ...

Apres y avoir réfléchit et au-delà d’une affinité avec la tonalité générale de ses univers de science-fiction ,mais  il y a d’autres facteurs .

 

-L’auteur possède deux superbes qualités auxquelles d’autres lecteurs que moi pourraient être sensibles :

 

L’auteur possède incontestablement une culture antique ( latine au minimum )  profondément intériorisée , au point que les textes restituent délicieusement des notions comme le Fatum ( destin ) ou des positionnements qui relèvent des tragiques . Il y a  en effet comme une puissance aveugle qui aveugle les personnages de ses romans  et qui en fait des personnes ambiguës ? ambiguës ,  car réelles au plus haut point et en même temps elles sont également  emblématiques du destin et d’un univers tragique , sans pour autant être décalé dans un univers symbolique ou strictement symbolique ou métaphorique  . De même les univers de l’auteur affirment ce même paradoxe , une délicieuse ambiguïté entre symbolisme et des environnements définitivement réels sur un mode paradoxal  .

 

-secundo , l’auteur possède un talent incontesté pour mettre en perspective les processus qui peuvent conduire des individus à fonctionner et à s’impliquer dans des contextes de crimes de masses . L’auteur sort d’une perspective de responsabilité classique d’opposition du bien et du mal et fait sombrer ses personnages dans une foule d’enjeux qui les dépassent et qui les enveloppent au-delà de ce qu’ils sont , pour mettre en lumière des causalités contextuelles plus vaste , sans dénuer à ces mêmes personnages des responsabilités individuelles  , un peu des Imago Mundi . Qui  en effet ? ne s’est jamais demandé pourquoi un  voisin de palier peut devenir le pire des animaux pour son voisin et prochain   ,  tout en étant un très  bon père de famille doté d’un certificat de moralité à toute épreuve   ?

   

Il est des textes évocateurs et de qualité à la vocation civique , et ce dernier  Archeur , en fait partie incontestablement .

 

Le monde est divisé en de vaste zone gérées , accaparée par des multi-mondiales qui entretiennent des rapports conflictuels  alors que les sociétés civiles  sont délabrées et que les souverainetés étatiques sont aussi fantoches qu’il est possible de l’imaginer . Archeur et son autruche génétiquement modifiée parcourent les champs de batailles pour décompter les cadavres de clones ( chaire à cannons sans droits civiques ) .. Un jour un rescapé lui affirme qu’il n’est pas un clone ...

Par la suite Archeur sera envoyé en mission sur mars ou la confrontation avec la plus indécente et terrifiante inhumanité le contraindra à réagir , le livrant à la colère et  posant la terrible et fatidique question de savoir à quel point la victime vengeresse ressemble au pire des bourreaux ( le prix , du prix du sang ) . L’auteur dissèque dans ce texte le cercle vicieux de la violence et place le lecteur devant le coût humain de la  responsabilité mortuaire , sans le moindre pathos et  sans le moindre voyeurisme opportuniste , c’est excellent et c’est tellement juste aussi !

 

La première partie du texte place le lecteur dans un contexte dystopique  qui serait envoutant  , s’il ne débouchait sur une cruauté extrême . Un monde qui me fait un peu penser au film zone 39 .

Une ambiance palpable qui possède un gout de sel ( au sens biblique ) et qui vous envahit , un peu comme une odeur ou un gout amer  ..

Un monde entêtant qui suinte de détails révélateurs , qui infligent littéralement ( en ricochets ) du sens aux lecteurs , car incontestablement certaines sociétés sont intrinsèquement violentes ( au sens large du terme ) et maltraitantes  aussi . Les sociétés sont violentes quelquefois plus encore que les individus . Qu’ils soit  considérés selon  une approche systémique ou du point de vue de la  psychologie différentielle   .

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Published by Finity's end hellburner science-fiction
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commentaires

T. Di R. 01/10/2012 16:22


Je vous cite:


"L’auteur sort d’une
perspective de responsabilité classique d’opposition du bien et du mal et fait sombrer ses personnages dans une foule d’enjeux qui les dépassent et qui les enveloppent au-delà de ce qu’ils sont ,
pour mettre en lumière des causalités contextuelles plus vaste , sans dénuer à ces mêmes personnages des responsabilités individuelles  , un peu des Imago Mundi"


 


Chapeau...


 


Et oui: j'ai eu une
formation latine et grecque (lettres classiques).





Merci pour cette critique,
Finity's. Je signale toutefois que le roman a été réédité en numérique seul au Bélial' (04/2012).

Finity's end hellburner science-fiction 02/10/2012 10:18



Merci de votre passage , c'est très gentil de votre part . Cela fait plaisir . Je procède à la modif .


Bonnes lectures et au plaisir de parcourir votre travail  de création .


Salut à vous , cordialement !